Forum du MAEP : Le Président Guelleh défend son bilan en matière de gouvernance et de droits humains
Le président Ismaïl Omar Guelleh a souligné ce vendredi les « progrès probants » de son pays en matière de gouvernance démocratique et économique, lors de la 35e session ordinaire du Forum des chefs d’Etat et de gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), réunie dans la capitale éthiopienne.
Prenant la parole devant ses homologues africains, le chef de l’Etat a salué « la volonté collective de poursuivre l’édification d’une gouvernance africaine efficiente ».
Dans un discours axé sur la restitution des résultats du Programme national d’actions (PNA) de Djibouti, le Président Guelleh a détaillé les avancées enregistrées dans les quatre piliers du MAEP : gouvernance politique, économique, d’entreprise et développement socio-économique.
Sur le plan politique, le président a évoqué le « respect des droits humains » et la consolidation de l’Etat de droit. Il a affirmé que le Parlement exerce « pleinement ses prérogatives » de contrôle de l’exécutif et que le pouvoir judiciaire fonctionne « de manière libre et indépendante ».
Il a également cité le renforcement des institutions constitutionnelles, notamment le Conseil constitutionnel, le Médiateur de la République et la Commission nationale des droits de l’homme.
Dans le domaine sociétal, le chef de l’Etat a souligné l’inscription, le 9 novembre 2025, de l’interdiction des mutilations génitales féminines dans la Constitution djiboutienne, mesure présentée comme un signal fort en faveur de la protection des femmes et des filles.
Le processus de décentralisation, engagé depuis plusieurs années, a par ailleurs accru l’autonomie des régions, notamment en matière de ressources humaines et financières.
Au chapitre économique, le Président Guelleh a rappelé que Djibouti avait ratifié en 2022 l’accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), destiné à renforcer l’intégration commerciale du continent.
Il a assuré que des progrès « conséquents » avaient été accomplis en matière de transparence et de gestion des finances publiques, notamment par le renforcement des organes de contrôle et de lutte contre la corruption.
Dans cette optique, l’Institut national de la statistique de Djibouti a été créé afin de produire des données « fiables et de qualité », conformément aux recommandations du MAEP.
S’agissant de la gouvernance d’entreprise, le président a inscrit les réformes engagées dans le cadre de la « Vision 2035 » nationale et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, avec pour objectif de dynamiser le secteur privé. Il a cité la mise en place d’un guichet unique et la modernisation du cadre réglementaire pour améliorer l’attractivité du climat des affaires.
Abordant le développement socio-économique, le Président Ismaïl Omar Guelleh a évoqué des « progrès majeurs » dans l’accès aux services sociaux de base et la protection sociale, dans un pays confronté à des défis structurels liés au chômage des jeunes et à la vulnérabilité climatique.
Il a mis en avant l’engagement de Djibouti dans la transition énergétique, notamment grâce à l’interconnexion à l’énergie hydraulique éthiopienne, complétée par des projets éoliens et solaires.
Enfin, le président a annoncé que certaines priorités (jeunesse, logement, migration) seraient intégrées au prochain Programme national d’actions. Djibouti a également révisé le cadre juridique encadrant le MAEP au niveau national afin d’y inclure une cinquième dimension relative à la « résilience de l’État face aux chocs et aux catastrophes ».
Créé en 2003 sous l’égide de l’Union africaine, le MAEP vise à promouvoir la bonne gouvernance à travers un système d’évaluation volontaire entre Etats membres.

